Ouverture de l’Assemblée plénière de novembre 2019 à Lourdes - L'Eglise Catholique à Reims et dans les Ardennes

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Publié le 5 novembre 2019

Ouverture de l’Assemblée plénière de novembre 2019 à Lourdes

Mot d’accueil de Mgr Éric de Moulins-Beaufort, le mardi 5 novembre 2019, à l’occasion de la 69ème Assemblée plénière des évêques de France, à Lourdes :

Chers amis,

La prière des Laudes nous a fait entrer dans notre assemblée d’automne. Nous en entamons donc la première séquence. Nous la consacrons à ce que l’on peut appeler la contrainte écologique. Le train ayant fait défaut à quelques-uns, notre bilan carbone ne sera pas aussi bon que possible. Mais la pluie ne nous a pas empêchés de prier devant la grotte, nous nous en réjouissions. Enfin, je vois que chacun a trouvé place, dans ce format inédit de notre hémicycle.

Quelques explications sur ce que nous allons faire pendant 36h.

Comme j’ai pu l’écrire aux évêques, le conseil permanent, en se réunissant en juillet, s’est demandé ce qui, de notre époque, marquerait l’histoire.

La révélation des agressions sexuelles et des abus de pouvoir commis par des prêtres à l’encontre de mineurs ou de personnes vulnérables restera, c’est certain. Elle exige un travail continu de la part des évêques, nous y sommes engagés, nous allons le poursuivre. Nous en prendrons le temps jeudi et vendredi.

Trois autres sujets se sont imposés à nous : les migrations qui changent de nature en ce temps, la bioéthique et les transformations de la famille, mais surtout la contrainte écologique, avec tout ce qui la constitue aujourd’hui, nous a paru être le fait qui marquera l’histoire. Le drame des migrations, lui-même, dépend pour une part et dépendra sans doute davantage encore des conséquences du changement climatique que l’on observe, quelles qu’en soient les causes. La bioéthique pose la question de la place de la technique dans nos vies, question que l’écologie oblige à poser de manière globale, ouvrant la voie peut-être à un rapport nouveau, plus sain.

 Notre époque restera dans l’histoire comme celle où l’humanité a pris conscience des limites des ressources de la planète et de la transformation nécessaire des modes de production et de consommation, c’est-à-dire des modes de vie. Comment en sortira-t-elle ? Nous le verrons. Et nous, que disons-nous en ce temps, qu’avons-nous à dire, nous disciples du Christ ? Quelle bonne nouvelle faire entendre ? Grâces en soient rendues au pape François, nous avons Laudato Sí. Mais qu’en faisons-nous ? Avons-nous pris la mesure des richesses que cette encyclique contient ? Le synode sur l’Amazonie a fortement mis en valeur l’enjeu écologique et humain de la grande forêt et des peuples qui l’habitent encore, car la force de la réflexion du pape François est de lier la question écologique et la question humaine. Le souci de la maison commune requiert de veiller à ce qu’elle soit avant tout une maison pour les pauvres du monde. Comment porter l’évangile du salut dans le monde qui sent de tous côtés les limites du cosmos et qui peut s’inquiéter de la place de l’humanité ? Que disons-nous aux jeunes qui auront à vivre dans un tout autre monde que celui des « trente glorieuses » qui a vu grandir la plupart des évêques ?

Je souhaite la bienvenue à Lourdes aux diocésains invités par les évêques. Merci à vous tous pour le temps que vous prenez sur votre vie professionnelle et familiale et sociale pour venir nous aider, nous évêques, et aider vos diocèses respectifs à intégrer dans leur mission désormais la parole du salut à faire entendre dans ce monde que les transformations nécessaires peuvent inquiéter.  Nous voilà un peu serrés dans cet hémicycle, c’est la rançon de la synodalité. Votre présence nous permet d’en introduire une dose, modeste mais, espérons-le, significative, dans notre assemblée dont la nature est avant tout collégiale.

Je remercie les représentants des autres confessions chrétiennes et les représentants des conférences épiscopales d’autres pays d’Europe. Ils sont nos partenaires habituels. Vous avez accepté de nous accompagner dans cette réflexion. Je salue aussi les directeurs des services nationaux de la conférence des évêques : leur participation à nos travaux garantit que nous engagions ensuite des suites concrètes dans tous les domaines de la vie ecclésiale.

Mais, surtout, je souhaite, au nom des évêques, la bienvenue aux intervenants qui vont nous aider à prendre conscience du phénomène et des changements qu’il suscite. Je les remercie d’avoir accepté de venir nous parler selon ce qu’ils sont. Les uns et les autres, chacun à sa manière, ont changé de vie pour adopter un style de vie plus conforme aux limites de notre planète. Certains des évêques connaissent déjà bien ce qu’ils vont évoquer, d’autres découvriront sans doute un monde nouveau. Je crois que nous entendrons aussi un type d’expression un peu nouveau pour nous.

Avec le conseil permanent, je voudrais sans attendre remercier nos frères évêques : vous avez accepté de jouer le jeu devant la nouvelle thématique que nous avons décidée pour vous et les modalités de travail différentes de nos habitudes que nous avons choisi de mettre en œuvre. La séquence que nous allons vivre maintenant fera l’objet d’une évaluation précise. Si l’intérêt de la thématique se confirme, nous pourrons l’approfondir au long des assemblées à venir : avec des agriculteurs et des industriels, en examinant la dimension sociale de la transition écologique, avec des scientifiques et des techniciens, avec des philosophes et des théologiens…

Nous espérons sortir de chaque assemblée avec un désir renouvelé et une capacité plus grande de rencontrer celles et ceux qui, dans nos régions, œuvrent pour ces changements, explorent des techniques nouvelles, osent des modes de vie compatibles avec la taille de l’humanité et les promesses de notre planète et du cosmos. Au terme de ce processus, si nous allons jusqu’au bout, nous devrions avoir enrichi notre perception des défis du monde et de ce que l’évangile du Seigneur Jésus peut confirmer ou ouvrir : face à des perspectives de fin d’un monde ou de fin du monde, nous chrétiens, devrions être de ceux qui attendent sans panique, saint Paul nous y appelait dimanche.

Notre travail d’aujourd’hui et de demain va s’organiser en quatre temps :

  • ce matin, six interventions de 20 minutes, coupées d’une pause, rassurez-vous ;
  • après la messe et le déjeuner, six ateliers organisés de telle manière que chacun de nous puisse participer à deux d’entre eux. Les évêques et leurs invités diocésains peuvent s’y inscrire à leur guise, soit tous ensemble, soit chacun dans un atelier différent. La pédagogie de ces ateliers et de la restitution qui en sera faite a été pensée avec l’aide de l’« Université du Nous », un institut fondé pour aider des associations engagées dans la transition écologique à parvenir à des décisions vraiment portées par tous et qui étend de plus en plus son champ d’action vers des institutions et des entreprises. Car la transformation écologique s’accompagne aussi d’une transformation des modes de gouvernance. Nous nous laisserons surprendre et guider ;
  • après le dîner, une veillée artistique et spirituelle a été préparée par les services ;
  • demain, Elena Lasida et Fabien Revol nous proposeront leur relecture de ce que nous aurons vécu, une relecture théologique qui aidera ensuite les évêques et leurs invités diocésains à répondre à la question : « Et maintenant, que faire ? ». Après la messe et le déjeuner, nos invités nous quitteront et nous leur dirons au revoir. J’annonce dès maintenant que le début de l’après-midi de demain sera consacré à une réflexion proposée par le groupe de travail « Paroisses et territoires ». Nous y bénéficierons de ce que nous aurons vécu aujourd’hui et demain matin.

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